À l'époque
glaciaire, l'ours à tête courte, quelquesfois
surnommé «ours bouledogue», était le plus gros des
carnivores terrestres d'Amérique du Nord.
D'une grandeur exceptionnelle, il mesurait près de 1,5
mètres à la hauteur des épaules lorsqu'il marchait et
atteignait 3,4 mètres lorsqu'il se dressait sur ses
postérieures. Plus grand que l'ours brun, l'ours à
tête courte était par contre moins robuste que celui-ci; ses
membres, surtout ses pattes de derrière, étaient plus
longues et plus élancées. Doté d'un visage
relativement court dénué d'un front bien défini, il
possédait un museau trapu qui ressemblait davantage à celui
d'un lion qu'à celui des ours nord-américains actuels.
L'ours à tête courte se répandit dans l'ouest de
l'Amérique du Nord il y a environ un million d'années. Il
habitait les prairies élevées et bien drainées qui se
trouvaient à l'ouest du Mississipi. Au nord, son territoire
s'étendait jusqu'au Yukon et en Alaska, comme le prouvent un tibia
et un fragment de crâne vieux de plus de 30 000 ans
découverts dans de la vase gelée près de Dawson City,
au Yukon. D'autres spécimens canadiens attestés proviennent
du bassin de la rivière Old Crow et de Sixtymile, au Yukon,
d'Edmonton, en Alberta, ainsi que de Lebret, en Saskatchewan.
L'ours à tête courte s'éteignit vers la fin de la
dernière glaciation. Sa disparition s'explique, d'une part, par
l'extinction antérieure de certains des grands herbivores dont il
faisait sa proie, et d'autres part, par la concurrence accrue des ours
bruns, arrivés en Amérique du Nord il y a 200 000 à
130 000 ans, au cours de la Glaciation illinoienne. Tremarctos
ornatus, l'ours à lunettes d'Amérique du Sud, est le
plus proche parent vivant de cet animal disparu.
Musée canadien de la Nature
Natural History Museum of Los Angeles County Foundation
Yukon Beringia Interpretive Centre
Dynasties of Stone